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Archive for the ‘Les Celtes et leurs Ancêtres’ Category

Il était une fois, entre les mondes, une femme très belle, une reine magicienne. Comme beaucoup de ses semblables, elle était colérique et parfois très exigeante. Mais, écoutez plutôt son histoire :

Je m’appelle Ceridwen. Je suis reine, magicienne et mère. Et comme toute reine, j’ai offert l’amitié de ma cuisse à un homme, afin de lui permettre de régner. En fait, je l’ai fait pour le plaisir et parce que je voulais des enfants. Et que seule…. Même avec la meilleure magie, c’est difficile. J’ai choisi un homme souvent absent afin de garder mon indépendance. Et comme je voulais des enfants dotés du caractère guerrier, j’ai donc choisi un grand guerrier, Tegid Voel. Seulement, il est chauve. Vous vous rendez compte, un guerrier chauve ? Alors que chez nous la chevelure est symbole de force masculine… Mais je l’ai choisi pour pouvoir explorer le pouvoir de la magie. J’espérais avoir des enfants chevelus à faire pâlir toute ma cour et ainsi démontrer ma toute puissance.

La première fois, tout c’est bien passé : une merveilleuse fillette blonde est née, encore plus belle que sa mère, mais au caractère bien trempé de son père. C’est ce que je voulais. Pour le second enfant…. tout à été chamboulé. Rien ne s’est passé comme je le voulais. Et je me suis retrouvée avec un nouveau né laid, ridé et chauve…. au point de ne pas oser le montrer. J’ai pensé être la risée de ma cour. J’ai voulu l’abandonner aux flots, sans succès. Cet enfant m’est revenu. J’ai tenté encore et encore de m’en débarrasser, sans jamais y arriver. Mes servantes se sont occupées de lui. Finalement, lasse de vouloir m’en séparer, j’ai tenté une autre stratégie. J’ai voulu l’aider. C’était quand même mon fils.

J’ai donc été consulter mes grimoires les plus anciens et les plus secrets, et j’ai récolté les herbes les plus rares et les condiments les plus épicés. Je n’ai pas osé tenter d’en faire un canon de beauté. J’avais déjà raté une fois avec lui. J’ai donc choisi de lui offrir la beauté intérieure et la sagesse. Après avoir récolté tous les ingrédients nécessaires, j’ai trouvé un vieil aveugle et un enfant pour touiller ma marmite. La recette demandait que le mélange bouille pendant un an et un jour, sans arrêt.

Est arrivé enfin le grand jour. J’ai été cherché mon fils mais j’ai senti soudainement que quelque chose n’allait pas. C’est comme si tout s’effondrait autour de moi. Brusquement, j’ai compris. Quelqu’un avait volé les 3 gouttes magiques du breuvage de mon enfant. Vous vous rendez compte ???? Voler ça ??? Mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai fait la colère du siècle. Mon instinct m’a montré qui avait volé ma magie : l’enfant qui surveillait le feu avec le vieil aveugle était coupable. On a tenté de m’expliquer que la marmitte bouillait un peu fort et que 3 gouttes du brevage avaient sauté sur la main de l’enfant, que ce dernier avait mise à sa bouche. Balivernes !!!!! J’ai donc poursuivi l’enfant pendant des heures. Utilisant sa connaissance nouvelle acquise de son odieux vol, il est devenu lièvre, poisson, oiseau puis grain de blé au milieu de ses semblables. J’ai donc dû me métamorphoser en lévrier, loutre, faucon, puis en poule noire pour le rattraper. De rage, je l’ai avalé.

Grand mal en a suivi ! Je suis tombée enceinte. L’enfant était bien mort, je l’avais tué mais il allait revenir. 9 mois plus tard, j’ai accouché dans un endroit secret, seule, afin de supprimer cet enfant avant qu’il ne pousse son premier cri. Seulement….cet enfant avait la beauté de ma première fille. Je n’avais pas cherché à l’entourer de magie mais elle avait opéré d’elle-même. Finalement, ne pouvant me résoudre à le garder, j’ai tissé un panier et j’ai confié cet enfant aux flots, espérant m’en débarrasser à tout jamais.

Il ne m’était pas possible de refaire la recette du grimoire pour mon horrible fils. J’ai cru en mourrir et j’ai passé des mois et des mois au fond du trou. Ce dernier a donc grandi, comme il était…. et moi, j’ai dû apprendre à l’accepter. En grandissant, ses traits se sont adoucis, ses yeux enfoncés sont sortis de leurs orbites. Il s’est affiné, ses cheveux ont poussé et bientôt, les filles le regardaient avec une certaine envie. Il semblait que j’étais la seule à trouver qu’il avait autant changé. L’entourage de ma cour disait que ce bébé avait toujours été normal, avait grandi sans problème et était devenu le beau jeune homme auquel on pouvait s’attendre.

Un jour, en visite à la cour de Magelwin, je n’en ai pas cru mes yeux. J’étais toujours au fond du trou et j’ai cru avoir une hallucination. Il était là…. mon enfant abandonné….. déjà devenu adulte accompli et barde si talentueux après si peu de temps. Là, j’ai presque été fière de mon enfant, mais aussi jalouse de ce qu’il était devenu. C’était LUI qui avait volé mon breuvage. C’est mon vrai fils qui aurait dû être ce poète magique !

Il était devenu Taliesin, le barde de Elfin et pour me venger, j’ai fait mettre ce dernier en prison en manipulant Magelwin, puis j’ai tenté de démontrer que la femme de Elfin n’était pas fidèle. Peine perdue…. Finalement, Taliesin a rendu riche le fils de son protecteur en lui accordant un trésor. Là, j’en ai perdu les pédales. J’étais toujours au fond du trou, tout était vraiment terminé pour moi.

Taliesin est finalement venu me voir. En fait, il m’a coincée au fond d’un couloir. Je n’aurais jamais accepté de le recevoir. Et tout ce qu’il m’a dit, c’était merci. Merci de lui avoir accordé la vie et d’avoir fait de lui ce qu’il était aujourd’hui… Je ne l’ai plus jamais revu. Mais depuis lors, je vis en paix, seraine avec mes deux autres merveilleux enfants.

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Notre société actuelle est une société monothéiste, en tous cas en superficialité et dans le reflet qu’elle nous donne de sa religion principale. Pour notre part, nous sommes polythéistes. Nous avons donc un panthéon. Pour la plupart d’entre ceux de nous qui avons un arrière plan monothéiste avant d’arriver au druidisme, vivre avec un seul Dieu n’a pas été une très bonne expérience. Que donc dire lorsqu’on se trouve face à une multitude de Déesses et de Dieux ? La transition n’est pour le moins pas toujours simple.

La religion celtique n’a pas de représentation de ses Déesses et de ses Dieux. Celles que nous avons datent de la période romaine et sont souvent influencées par celle-ci. Donc, ce que nous avons ne correspondent probablement pas entièrement à l’imagerie de nos ancêtres. D’ailleurs, avaient-ils une imagerie interne de leur Dieux ? Si oui, laquelle ? Nul ne le saura probablement jamais.

Suivant la région où nous habitons, le panthéon peut aussi varier. En Suisse-Romande, on trouve par exemple Aventia, Déesse d’Avenches, ou Alpus, Dieu des Alpes. Les musées d’archéologie sont souvent de bons endroits pour retrouver leur nom, et parfois certaines de leurs caractéristiques.

Il y a quelque chose d’incommunicable lorsqu’on rentre dans le domaine des Déesses et des Dieux. Peut-être parce que nous sommes à la limite entre notre culture, nos croyances et ce que nous sommes, et le Sacré. Il y a donc là quelque chose à expérimenter plutôt qu’à étudier, même si les listes sont un outil indéniable pour celui qui débute.

Comme le travail doit être pris par un bout, on commence souvent par « choisir » une Déesse ou un Dieu et chercher à entrer en contact, par exemple en faisant des offrandes ou des prières. La réponse peut être fulgurante, ou nulle malgré tous nos efforts. On ne peut rien prévoir. Et le « silencieux » peut soudainement réagir plus tard dans le temps. Parfois, les Déesses et les Dieux peuvent se manifester durant nos temps de méditation, durant certaines expériences proches du chamanisme ou sembler brusquement agir sur les circonstances.

Il faut cependant faire attention dans nos interprétations. Le monde des Dieux n’est pas le monde humain. Il est au delà de nous. Certes, il touche les archétypes mais va aussi au delà de ceux-ci. On ne peut pas mettre les Dieux dans une boite. Nos visualisations sont limitées et nos Déesses et nos Dieux vont bien au delà de nos représentations.

Ils ont cependant des caractéristiques. La déesse d’une source aura probablement des activités de guérison, un déesse sur un cheval un aspect psychopompe. Il peut être important aussi de réfléchir aux temps de l’année et aux saisons. Lug, sous son aspect guerrier, se montrera probablement mieux en été, lançant sa lance au travers des rayons du soleil. Lug étant un Dieu aux capacités multiples, si vous désirez ses capacités de guérison, le petit soleil d’hiver doux reflétera peut-être mieux ces dernières. Et Lug joueur de harpe sera encore autre. Mais partir en quête de fonctions spécifiques est un travail d’ovate.

La quête des Dieux n’est jamais facile. Ce n’est habituellement pas une recherche pour les débutants. Il est préférable de commencer par des gardiens et des « animaux de pouvoir ». Ces derniers sont généralement plus proches et plus faciles d’accès. Une fois la relation bien établie, la quête des Dieux peux commencer. Ils peuvent parfois sembler lointains, un peu inaccessibles, à raison. Si nous avons à faire à des archétypes, nous avons aussi à faire à quelque chose de « tout autre », difficilement mis en mots. Et si nous entrons en relation avec eux, c’est souvent par de « petites touches ». Mais cette quête est passionnante. Il y a là des choses à réveiller qui parfois dorment depuis des générations et le résultat peut être….. surprenant.

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Carmina Gadelica

L’une des façons pour le christianisme d’éradiquer le paganisme a été de christianiser les fêtes païennes. En effet, il est pratiquement impossible d’empêcher une population de fêter ce qu’elle a fêté depuis longtemps. Imaginez maintenant que l’on interdise Noël. La plupart des gens feraient tout de même une fête ce soir là, peut-être un peu plus discrète que d’habitude. Et pourtant, la bible ne donne aucune date de naissance pour Jésus….

La fête du 1er novembre est un autre exemple. Les païens de nos régions célébraient leurs ancêtres et le début de l’année celtique. Le christianisme en a fait la fête des morts probablement parce que les premiers missionnaires n’arrivaient pas à éradiquer cette célébration. Cette fête n’a pas beaucoup plus de fondement biblique que celle de Noël…. On pourrait multiplier les exemples.

Il existe un recueil irlandais de prières anciennes, le Carmina Gadelica. En grattant un peu la surface de ces prières et en les modifiant légèrement, on peut retrouver quelque chose qui est probablement proche des prières pré-chrétiennes.


La Vouivre Victorieuse 77


Par la vouivre victorieuse

Je voyage protégé par son œil

La vouivre et son œil rouge

Et la lame brillante de sa queue

Conquérant ses ennemis

Protégeant mes arrières

Gardienne de la Terre

Combattante des Dieux

O Vouivre victorieuse

Mon orgueil et mon guide

O vouivre victorieuse

Mon regard te glorifie


Je voyage

En symbiose avec ma reine

Au bord de la mer, dans les prairies

Sur les froides collines de la lande

Même si je traverse l’océan

Et les dures rondeurs de la Terre

Rien ne peut m’arriver

A l’abri de ton bouclier

O victorieuse vouivre

Joyau de mon cœur

O vouivre victorieuse

Tu es ma protectrice


Soit la triplicité sacrée

Et en paix avec moi

Avec mes chevaux, mon bétail

Avec mes troupeaux de moutons laineux

Avec les moissons poussant dans le pré

Ou récoltées en gerbes

Sur la côte, dans la lande

Dans les choux empilés ou la meule

Tout ce qui est en haut ou en bas

Le mobilier et les troupeaux

Proviennent de la triplicité sacrée

Et de la vouivre, victorieuse


Versions irlandaise et anglaise, malheureusement pas en français : http://www.smo.uhi.ac.uk/gaidhlig/corpus/Carmina/

L’exemple ci-dessus est aussi un exemple de christianisation. Les Eglises dédiées à St-Michel et à sa victoire sur le dragon (comme dans la version christianisée du Carmina Gadelica) sont souvent des endroits où la vouivre est très présente.


Je déménage à nouveau….. donc, à bientôt.

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La plupart des groupes druidiques célèbrent actuellement 8 fêtes par année. La Clairière Helvetia et l’Assemblée du Chêne et du Sanglier ne font pas exception. Toutes les 6 semaines environ, nous organisons un rituel de célébration. Ceci nous permet de parcourir la Roue de l’Année en suivant les saisons. Ces célébrations sont comme des portes à passer.

En plus des portes, il y a un certain nombre d’activités qu’il est possible de faire pour célébrer le rythme du temps. Elles sont aussi importantes et renforcent parfois le travail du rituel. En Suisse en tous cas, il est intéressant de voir le nombre d’activités qui sont toujours en cours aujourd’hui ou qui ont été remises au goût du jour.

Peu après l’équinoxe d’automne dernier, j’ai assisté à une désalpe. Les troupeaux reviennent des montagnes pour passer l’hiver à une altitude plus basse. Les paysans de montagne défilent en costumes traditionnels avec leurs vaches décorées qui sont présentés à tous la population. Il y a bien sûr la fierté des paysans de montrer leurs troupeaux… et parfois aussi la tension de devoir les faire marcher au bord d’une route où passent les véhicules les plus divers, du vélo à l’autocar.

La plupart des alpages du village où j’étais transforment leur lait en fromage. On pouvait donc repartir avec sa meule sous le bras, ses pommes, sa saucisse sèche et ses patates pour tout l’hiver, envahi par le son des cloches protectrices, sonneuses à cornes et sonneurs à bras, charmé par les cors des Alpes et le lanceur de drapeau.

Nous ne faisons actuellement plus de réserves à domicile pour passer l’hiver. Mais faire un acte symbolique et rentrer à domicile avec des provisions « pour l’hiver » nous aide à rentrer dans le cycle du temps et des saisons et nous rappelle que passer l’hiver au chaud et nourri n’a pas toujours été une évidence, même dans notre pays.

Peu avant le rituel de Samhain, une descente dans un « chauderon » naturel entre 2 montagnes, accompagné par le chant d’une petite rivière alpine m’a fait brusquement réaliser que la porte de Samhain était là. Fin janvier, dans plusieurs cantons suisses, on organise une vente de mimosa en faveur des enfants défavorisés. Cette fleur jaune m’accompagne depuis longtemps dans mes rituels d’Imbolc.

Les exemples pourraient être démultipliés. Mais il y a là des secrets à redécouvrir…..

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Le Druide Juge

Le vent s’était levé ce matin là. Il était encore tôt. Mais la femme au ventre rond avait été prise sur le fait au lever du jour. Elle fut amenée brutalement devant la cour qui siégeait justement ce jour là. Un serviteur subalterne la condamna promptement à une peine de prison sans autre forme de procès, pour être rentrée dans l’enclos d’un four à pain et avoir croqué une miche chaude sortant du four….Une histoire qui pourrait s’être passée au temps des Celtes ? Qui sait….


Nous savons que nos ancêtres n’écrivaient pas. Nous n’avons donc pas de « loi celtique » provenant, par exemple, de la période de la Tène. Les premiers écrits sont datés entre le 7ème siècle et le 10ème siècle. Même rédigées par des moines irlandais, on peut voir que les lois sont encore inspirées du droit coutumier et de paganisme. Rétablir l’honneur du lésé y est important…. Et l’honneur de la personne est différent suivant son statut. Une notion complètement absente de notre droit actuel. Vous paierez aujourd’hui la même amende, que le pain volé ait appartenu au boulanger de votre quartier ou au président de votre pays. La loi irlandaise est basée sur un système de contrats et de compensations pécuniaires : telle chose contre telle autre, ou pour telle offense, telle amende. La saisie n’est pas un procédé nouveau. A l’époque, après un rituel de plusieurs jours et si vous ne payiez toujours pas votre dû, votre bétail risquait bien d’y passer… ou même votre enclume qui était attachée d’un ruban blanc pour vous empêcher magiquement d’y travailler. Pour avoir volé du pain, vous auriez certainement été condamné à rendre la quantité double de pain, mais pas à la prison. Ces dernières semblent être absentes de la société de cette époque.


L’exécution capitale était occasionnellement prononcée surtout par pendaison. Une personne pouvait aussi être bannie et quittait souvent le territoire de sa tribu. Pour revenir à notre histoire du début, notre femme enceinte peut souffler un moment, manger tranquillement son pain et repartir dans le vent : une femme enceinte avait le droit de se servir de nourriture. Voilà pour les textes de loi irlandais.


Mais remontant encore un peu le temps et….Rendons à César…… ce qui lui appartient. Il déclare que les druides jugeaient et que la sanction suprême était l’interdiction des sacrifices, autrement dit l’impossibilité de survivre en société. Ceci concerne la Gaule. Nous avons un exemple proche dans le Mabinogi de Math : après que Gilwaethwy ait violé la « porte-pieds » de Math avec l’aide de son frère Gwydyon, ces derniers quittent la cour mais continuent à se déplacer dans le pays jusqu’au moment où une interdiction de leur apporter assistance est prononcée contre eux. Cette interdiction comprend la nourriture et la boisson.


Le druide juge était une « spécialisation bardique» que le druide pouvait acquérir. Même si le roi prononçait la sentence, elle lui était soufflée par son druide. Un roi-juge est exceptionnel. Amorgen était un barde par excellence. On le voit prononcer une sentence lors de son arrivée en Irlande. Il se retire avec les siens « à 9 vagues » des côtes pendant 3 jours. On voit aussi Cuchulainn refuser de juger, fonction qui n’était pas la sienne.


Mais revenons aux temps actuels. Un druide, peut-il toujours exercer la fonction de juge ? Certainement pas de la même façon que dans la communauté de nos ancêtres. Si votre vache préférée vient à disparaître, aucun druide actuel ne pourra forcer le voleur à vous la rendre avec une compensation pour le lait perdu. Cette sorte de justice est rendue par la société « civile ».


Un druide pourra par contre, sur demande, dire ce qui est juste dans un différent entre deux personnes. Son travail est plutôt un travail de « mesure » comme un architecte que de juge au sens traditionnel qui pèse et compare. Il voit la situation telle qu’elle peut devenir. Selon la prière des druides, le sens de la justice provient du savoir, le savoir de la compréhension et la compréhension de la force. Et la force provient de la protection des Dieux et des Déesses. Le druide moderne ne désignera donc pas un « coupable » et un « innocent ». Il cherchera plutôt à comprendre ce qui s’est passé, à expliquer et à faire un travail de guérisseur et de réconciliateur. Finalement, il fait peut-être toujours le même travail. Il ne souffle plus la sentence au roi….. mais il souffle toujours….


Les Dieux s’approchent de l’Humanité

Par la joie humaine ou divine ils sont reliés

Ils inspirent sagesse et poésie

De sages jugements et de la prophétie

Les comblent de leurs bienfaits

Les bénissent et répondent à leurs souhaits

Comme une source extérieure

Qui les abreuve et apporte le mouvement

Comme une source intérieure

Qui ouvre leurs chaudrons

(Le chaudron de Poésie)


Et ce genre de jugement existe toujours….

http://www.irishcentral.com/news/Irishman-sentenced-to-climb-holy-mountain-103124534.html


Bibliographie :

Guyonvarc’h CJ, Le Roux F. Les Druides,

Ed. Ouest-France

Raimund K. Le droit celtique,

brève introduction

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Ceux et celles qui me connaissent bien savent que, depuis quelques mois, je file. Non, je ne pars pas en courant mais oui….. je file de la laine. Passer de la toison du mouton à un objet tricoté est un acte sans comparaison. Tout à l’heure, je filais. Souvent, je file avec la radio ou parfois en silence si mes voisins sont calmes. J’ai cette fois-ci mis un peu de musique et j’ai choisi un CD d’Alan Stivell. J’ai été impressionnée par les images que cette musique celtique apportait à mon filage. Des images d’un autre âge, d’un autre temps. Du temps où on filait pour rester au chaud pendant l’hiver, où on écoutait la harpe et la flûte chanter au coin du feu. J’ai presque entendu un barde des temps anciens conter les légendes aux gens réunis autour de lui.

Il y a, je crois, quelque chose à creuser. La question du sens ou des sens. Il y a le faire, l’entendre, le voir, le toucher et l’odorat. Comment, dans notre pratique, faire de toutes ces choses une seule pâte qui, une fois levée et cuite, permettra de nourrir une famille. Si vous faites votre pain sans sel ou avec trop de levure….

Il y a les sens et l’essence. L’essence a peut-être à voir avec un équilibre des sens. On parle d’essence pour dire le centre, la chose principale. Mais l’essence parle aussi d’un sens. Finalement, l’équilibre des choses a une odeur naturellement agréable… ou pas.

On dit souvent rechercher l’équilibre des choses. Certes, il est important. Mais qu’en est-il du déséquilibre ? Lorsque notre vue est tellement prise que plus rien de compte, lorsque notre oreille est entourée par le son et que l’on entend plus rien d’autre ?

Et lorsque tous ces sens, en équilibre ou pas, font jaillir une chose inconnue, inattendue, serait-ce ce que l’on appelle…. le 6ème sens ?

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Imbolc

Imbolc est une fête qui a un aspect curieux. Pas en raison de sa Déesse, Brigit, aux merveilleux et nombreux talents mais pour les Celtes, c’est une sorte de début de printemps. La lumière est revenue, c’est le temps de chasser la poussière et tout ce qui a été accumulé pendant l’hiver. C’est un temps de nouveaux débuts, Le temps de ce qui commence à mettre des racines et qui va germer dans les semaines et mois à venir.

Vous me direz certainement que c’est un peu fou. Février, c’est un mois d’hiver, mettez votre nez dehors et vous sentirez tout de suite. Une température inférieure à 0°, des chutes de neige jusqu’en plaine et des files devant tous les téléskis. Quelle idée de vouloir faire le ménage de printemps à cette saison ! Et les jours sont encore courts…. On pourrait continuer la liste.

Mais pourquoi alors avons-nous des saisons « décalées » par rapport à celles du calendrier des saisons habituel ? On pourrait trouver diverses explications mais en voici une. Une partie du sens de cette fête, n’est-elle pas d’appeler les choses qui ne sont pas encore ? Celle qu’on perçoit juste en dessous de la surface ? D’appeler à la vie le printemps qui vient, la lumière qui grandit, les racines qui commencent juste à pousser ?

Sous la surface de la glace et du froid, la Dame sort de son sommeil, lentement. Que se passe-t-il sous la surface de nos vies ?

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