Au premier abord, il s’agit d’un petit village du Moyen-Age bien conservé, au fond d’une vallée et proche d’un ruisseau, Le Nozon, dont la source est toute proche. Vous trouverez quelques belles photos ici :
http://www.romainmotier.ch/contenu/index.php?option=com_wrapper&view=wrapper&Itemid=120
La légende dit que Saint Romain et Saint Lupicin construisirent la première église dans ce lieu au 5ème siècle, qu’ils faisaient partie des premiers moines irlandais arrivés dans notre pays et dont nous avons aussi des traces à St-Gall par exemple. De Romainmôtier, des moines partirent fonder l’Abbaye de St-Maurice en 515. En 928, le couvant fut donné à Cluny. Le lieu prospéra jusqu’en 1536, date de la Réforme en Terre Vaudoise. Une partie du bâtiment actuel date du 6 – 7ème siècle. Nous n’avons pas de trace du premier édifice. Actuellement, la paroisse réformée qui tient son culte en ces murs est proche de Taizé, communauté oecuménique française.
En cherchant à comprendre un peu plus ce lieu, divers questions sont venues à mon esprit. Tout d’abord, que venaient faire ces deux moines à cet endroit et pourquoi l’ont-ils choisi ? La réponse officielle est qu’un couvent fut établi en ce lieu car un passage au travers des montagnes du Jura existe un peu plus haut et qu’il y avait de l’eau. Certes, cette réponse est tout à fait valable et juste. Mais pourquoi là ??? Tout proche se trouve, comment mentionné ci-dessus, plusieurs pierres à cupules, un cromlech, une pierre tournante, une pierre « à papouilles » et d’autres objets similaires. Ces lieux sont probablement des lieux de paganisme ancien. Est-ce que Romain et Lupicin sont venus christianiser une région particulièrement païenne ? Qu’en est-il du lieu précis de l’Abbatiale ? Se sont ils établis sur un lieu de culte pré-chrétien ? On ne trouvera probablement jamais de réponse certaine à ces questions mais elles méritent qu’on se les pose. Dans la tour au dessus du nartex se trouve une chapelle à St Michel. Il existe une peinture ancienne le représente tuant le dragon au rez de chaussée. Nous avons là aussi des indices parlant en faveur d’un lieu de paganisme « converti ». Dans la petite chapelle, j’ai trouvé ceci :

La plus belle découverte, à mes yeux en tous cas, est une sculpture datant de la période de la première église dont nous avons des traces archéologiques. Il s’agit d’un ambon, soit de le lieu depuis lequel on lisait l’Evangile :
Les motifs de cette pierre parlent en faveur de la présence de moines irlandais en ces lieux. On y trouve des motifs en spirales et des entrelacs celtiques, des esses, des palmettes.
Encore une chose : la Réforme a aboli la vénération de la vierge Marie. La vénération de cette dernière a souvent probablement remplacé la vénération de la Déesse Mère au début du christianisme. Marie et indirectement celle qui l’a précédée sont « revenues » discrètement d’une certaine façon au travers des célébrations oecuméniques redonnant sa place à un personnage féminin….
