Notre société actuelle est une société monothéiste, en tous cas en superficialité et dans le reflet qu’elle nous donne de sa religion principale. Pour notre part, nous sommes polythéistes. Nous avons donc un panthéon. Pour la plupart d’entre ceux de nous qui avons un arrière plan monothéiste avant d’arriver au druidisme, vivre avec un seul Dieu n’a pas été une très bonne expérience. Que donc dire lorsqu’on se trouve face à une multitude de Déesses et de Dieux ? La transition n’est pour le moins pas toujours simple.
La religion celtique n’a pas de représentation de ses Déesses et de ses Dieux. Celles que nous avons datent de la période romaine et sont souvent influencées par celle-ci. Donc, ce que nous avons ne correspondent probablement pas entièrement à l’imagerie de nos ancêtres. D’ailleurs, avaient-ils une imagerie interne de leur Dieux ? Si oui, laquelle ? Nul ne le saura probablement jamais.
Suivant la région où nous habitons, le panthéon peut aussi varier. En Suisse-Romande, on trouve par exemple Aventia, Déesse d’Avenches, ou Alpus, Dieu des Alpes. Les musées d’archéologie sont souvent de bons endroits pour retrouver leur nom, et parfois certaines de leurs caractéristiques.
Il y a quelque chose d’incommunicable lorsqu’on rentre dans le domaine des Déesses et des Dieux. Peut-être parce que nous sommes à la limite entre notre culture, nos croyances et ce que nous sommes, et le Sacré. Il y a donc là quelque chose à expérimenter plutôt qu’à étudier, même si les listes sont un outil indéniable pour celui qui débute.
Comme le travail doit être pris par un bout, on commence souvent par « choisir » une Déesse ou un Dieu et chercher à entrer en contact, par exemple en faisant des offrandes ou des prières. La réponse peut être fulgurante, ou nulle malgré tous nos efforts. On ne peut rien prévoir. Et le « silencieux » peut soudainement réagir plus tard dans le temps. Parfois, les Déesses et les Dieux peuvent se manifester durant nos temps de méditation, durant certaines expériences proches du chamanisme ou sembler brusquement agir sur les circonstances.
Il faut cependant faire attention dans nos interprétations. Le monde des Dieux n’est pas le monde humain. Il est au delà de nous. Certes, il touche les archétypes mais va aussi au delà de ceux-ci. On ne peut pas mettre les Dieux dans une boite. Nos visualisations sont limitées et nos Déesses et nos Dieux vont bien au delà de nos représentations.
Ils ont cependant des caractéristiques. La déesse d’une source aura probablement des activités de guérison, un déesse sur un cheval un aspect psychopompe. Il peut être important aussi de réfléchir aux temps de l’année et aux saisons. Lug, sous son aspect guerrier, se montrera probablement mieux en été, lançant sa lance au travers des rayons du soleil. Lug étant un Dieu aux capacités multiples, si vous désirez ses capacités de guérison, le petit soleil d’hiver doux reflétera peut-être mieux ces dernières. Et Lug joueur de harpe sera encore autre. Mais partir en quête de fonctions spécifiques est un travail d’ovate.
La quête des Dieux n’est jamais facile. Ce n’est habituellement pas une recherche pour les débutants. Il est préférable de commencer par des gardiens et des « animaux de pouvoir ». Ces derniers sont généralement plus proches et plus faciles d’accès. Une fois la relation bien établie, la quête des Dieux peux commencer. Ils peuvent parfois sembler lointains, un peu inaccessibles, à raison. Si nous avons à faire à des archétypes, nous avons aussi à faire à quelque chose de « tout autre », difficilement mis en mots. Et si nous entrons en relation avec eux, c’est souvent par de « petites touches ». Mais cette quête est passionnante. Il y a là des choses à réveiller qui parfois dorment depuis des générations et le résultat peut être….. surprenant.
J’avais ADORE cet article et j’ai été ravie de le retrouver, de te relire grâce à la Rouelle. Vous avez vraiment bien fait de l’y mettre, c’était un des passages les plus intéressants.
(J’ai vraiment apprécié cette partie réflexive sur le polythéisme)
Merci, Valiel
Kermailune