Il était une fois….. un Géant. Personne ne savait son nom, et personne ne savait d’où il venait. C’était il y a bien longtemps, bien avant l’arrivée des Hommes sur la Terre. Un beau jour, il décida de s’arrêter au bord d’une rivière et de la remonter. Il faisait, de cette façon, comme tous les poissons. Il faut dire que cette rivière était à l’époque très poissonneuse et que ce Géant les appréciait. Parfois cru, parfois cuits et, s’il avait le temps d’attendre (ce qui n’était pas très fréquent), il les faisait mariner dans une mélange d’herbes locales puis il fumait son poisson. Quel délice ! Il décida même un jour de sculpter son visage sur l’une des parois. Juste pour s’amuser et faire peur aux poissons…..
Un beau jour, alors qu’il arrivait à ce qu’il pensait être la source de la rivière, il mit l’un de ses pieds juste au dessus et, comble de malheur, une partie de la terre s’effondra. Il eu bien de la peine à retirer sa jambe mais vit au dessous que la rivière continuait. Curieux, il creusa des trous de ci-et de là pour pouvoir remonter la rivière… et continuer à profiter du poisson.
Quelques jours plus tard, il fut surprit de sentir un rocher un peu plus chaud que les autres. Cependant, la rivière continuait à remonter et les poissons à l’habiter. Et lorsqu’il mettait la tête dans le trou qu’il venait de faire à côté du rocher tiède, il voyait une sorte de sortie à ce tunnel un peu plus haut et la rivière semblait remonter encore un peu plus loin. Comme il était très curieux, il s’arrêta et décida d’explorer ce curieux rocher un peu tiède. Il enleva donc plusieurs énormes cailloux. Il ne s’attendait pas à ce qu’il trouva derrière un rocher vraiment chaud, presque brûlant : de la fumée. C’est pour le coup que le Géant s’interrogea. Plus besoin de faire du feu pour fumer son poisson ? Ou peut-être que les poissons vivant là dessous étaient déjà fumés vivants ? Puisqu’il avait faim, Il continua à creuser espérant un repas tout prêt ou en tous cas sérieusement précuit et finit par trouver un filet…. d’eau chaude. Dans ce coin de pays, c’était surprenant. Il faut dire que l’on était dans les Alpes, même si l’altitude n’était pas très élevée. Les montagnes autour le prouvaient. L’eau n’était tout de même pas assez chaude pour bouillir son poisson mais le Géant pris une série de douches chaudes et ravigotantes. Il faut dire qu’il y avait longtemps qu’il ne s’était pas lavé car l’eau de la rivière était glacée. Avant de s’en aller, il sculpta le doux visage de l’eau dans la pierre, en remerciement et comme signature de son passage.
Le temps passa, passa, passa. Un jour, les Hommes vinrent. Ils virent ce lieu curieux et remontèrent aussi la rivière, péchant de ci et de là le poisson épargné par le Géant, le faisant cuire souvent assaisonné d’herbes locales, et parfois même, lorsqu’ils avaient le temps, ils le fumaient avant de le manger. Ceux qui connaissaient la Terre et ses bienfaits osèrent aller jusqu’à la source chaude. Ils avaient tout de même un peu peur du Géant et des signes qu’il avait laissés. Ils durent s’enfiler dans d’étroits passages. Pour une surprise, la source chaude fut une surprise. Ils virent le visage gravé, celui de la Terre Mère. A leur tour, ils apprécièrent les bienfaits de ce lieu et en firent un lieu un peu secret, réservé à certaines cérémonies particulières. Remonter dans le ventre de la terre n’était pas réservé à tous. Mais ceux qui osèrent ne repartirent jamais déçus. Depuis lors, on continua à visiter la source d’eau chaude.
Le temps passa, passa, passa. On construit des bains proches de l’endroit ou le géant avait malencontreusement posé son pied. Le lieu était si difficile d’accès à pieds que l’on en arriva à descendre certains malades au bout d’une corde pour leur permettre d’atteindre l’eau chaude guérissante, les yeux bandés pour éviter le vertige.
Paracelse venta même les vertus de cette source et y séjourna un certain temps. Aujourd’hui, l’eau chaude est amenés jusqu’en plaine. Mais on peut toujours remonter une petite vallée très pittoresque, visiter les anciens bains et cheminer jusqu’à la source chaude. Pour cela, tout comme nos Ancêtres, il faut s’enfiler dans une gorge très serrée qui parfois se transforme en tunnel car la végétation a tout recouvert. Si on est un peu attentif, au delà du grondement de l’eau et du lieu imposant, on peut encore percevoir les effluves de la Terre Mère qui se manifestent et la rencontrer dans la douceur de son eau chaude, sacrée.
Et j’oubliais….. Je crois que j’ai trouvé le nom du Géant : Tamina. C’est aussi le nom de la rivière et de la vallée qui lui offre un asile protecteur alors qu’elle descend doucement en plaine, vers les habitations des Hommes.





Très belle ton histoire sur le géant Tamina !
Merci
Kermailune