Il existe plusieurs grottes aux fées en Suisse-Romande. Celle que j’ai visitée se trouve au dessus des sources de l’Orbe.
On trouve une grande grotte (grotte aux fées) mais aussi une plus petite, dont on disait qu’elle avait plusieurs km et que sa sortie (ou la seconde entrée) se trouvait sur territoire français. Les dernières explorations spéléologiques montrent que cette petite grotte n’a pas d’autre ouverture mais qu’il est par contre possible que la grande grotte en ait une…. ailleurs. Cette dernière comporte de multiples galeries sur des km, non encore explorées.
Il semblait y avoir encore quelque chose à voir au dessus de la grotte. Mais comme l’orage menaçait ce sera pour une prochaine visite.
L’Orbe est en fait une rivière qui a sa source en France, près des Rousses. Elle passe la frontière et traverse les lacs de Joux et Brenet. Ces derniers n’ont pas d’écoulement naturel et l’eau s’infiltre dans la roche. La source de l’Orbe est donc la résurgence principale plutôt qu’une source à proprement parler. Plusieurs « sourcElles » surgissent ici et là, qui sous un arbre ou une pierre, le long du chemin menant à la grotte. Une autre résurgence importante se trouve en dessous de la Grotte aux Fées, appelée aussi Grotte de Monvéran. Si on descend le long du cours de l’Orbe, elle devient la Thielle avant de se jeter dans le lac de Neuchâtel.
Il existe plusieurs légendes rattachées à cette grotte, dont certaines parlent d’un lieu d’initiation. En voici une. Certains éléments sont communs à d’autres légendes de notre terroir. Je n’ai malheureusement pas retrouvé l’origine du texte ci-dessous. Que l’auteur me pardonne. Si quelqu’un a cette information, je me ferai un plaisir de la rajouter.
Il y avait une fois aux forges de Vallorbe un beau garçon de dix-huit ans qui s’appelait Donat. Il était “orgueilleux comme un serpent et bavard comme une pie”. Par-dessus le marché il était très curieux et fourrait son nez partout ! A tel point qu’il faisait envie à toutes les mégères de son quartier. Un dimanche matin, il partit tout seul explorer une grotte du coin, qui était soi-disant inaccessible. Il y grimpa facilement, et la parcouru dans tous les sens, puis s’apprêta à partir lorsqu’il découvrit un nouveau passage. Il s’y engagea et se trouva dans une longue salle basse au milieu de laquelle il aperçut un joli lit de mousse. Comme il était fatigué il s’y allongea et s’endormit. A son réveil, il constata que la caverne était éclairée par des flambeaux et que près de lui se trouvait une charmante fée en train de caresser deux levrettes. Après un brin de causette ils arrivent à l’accord suivant : Donat promit de rester près d’elle, mais de ne pas pénétrer dans la partie de la grotte où elle habitait. Chaque jour où a fée était contente de lui elle lui donnerait une belle pièce d’or et une jolie perle. Tout marcha à merveille pendant quinze jours, mais le seizième Donat, qui était très curieux, pénétra dans la partie haute de la grotte et vit la fée étendue sur sa couchette. Il s’approcha et constata avec effroi et étonnement que la fée avait des pieds semblable à ceux d’une oie. Il essaya de revenir sur ses pas, mais la fée se réveilla et le voyant, le chassa de la grotte en lui interdisant de raconter ce qu’il avait vu. Donat étant également assez bavard, la première chose qu’il fit en arrivant à Vallorbe fut de raconter son histoire à tout le monde. Comme ils refusèrent de le croire il sortit ses deux bourses où devaient se trouver quinze pièces d’or et quinze perles. Hélas il n’y trouva que des feuilles d’alisier et des baies de genévrier. Honteux, il quitta le pays et personne ne l’a plus jamais revu. La petite fée voyant que tout le monde se moquait d’elle à cause de ses pieds (ou plutôt de ses pattes d’oie) s’en alla vivre avec ses soeurs à Montcherand. Et depuis ce jour-là, la Grotte de Monvéran s’appelle la Grotte aux Fées.

