Flux
Articles
Commentaires

Imbolc

Imbolc est une fête qui a un aspect curieux. Pas en raison de sa Déesse, Brigit, aux merveilleux et nombreux talents mais pour les Celtes, c’est une sorte de début de printemps. La lumière est revenue, c’est le temps de chasser la poussière et tout ce qui a été accumulé pendant l’hiver. C’est un temps de nouveaux débuts, Le temps de ce qui commence à mettre des racines et qui va germer dans les semaines et mois à venir.

Vous me direz certainement que c’est un peu fou. Février, c’est un mois d’hiver, mettez votre nez dehors et vous sentirez tout de suite. Une température inférieure à 0°, des chutes de neige jusqu’en plaine et des files devant tous les téléskis. Quelle idée de vouloir faire le ménage de printemps à cette saison ! Et les jours sont encore courts…. On pourrait continuer la liste.

Mais pourquoi alors avons-nous des saisons « décalées » par rapport à celles du calendrier des saisons habituel ? On pourrait trouver diverses explications mais en voici une. Une partie du sens de cette fête, n’est-elle pas d’appeler les choses qui ne sont pas encore ? Celle qu’on perçoit juste en dessous de la surface ? D’appeler à la vie le printemps qui vient, la lumière qui grandit, les racines qui commencent juste à pousser ?

Sous la surface de la glace et du froid, la Dame sort de son sommeil, lentement. Que se passe-t-il sous la surface de nos vies ?

L’histoire du géant bicéphale

Il était une fois un géant un peu particulier. Comme tous les géants, il avait deux bras et deux jambes, et un ventre entre deux. Seulement…. au dessus du ventre…. il avait deux cous surmontés de deux têtes. Personne ne savait vraiment pourquoi il était comme cela. Lorsqu’il était né, il n’avait qu’une seule tête, comme tout bon géant. Un jour, personne ne savait pour quelle raison, les Dieux décidèrent de mettre un étincelle dans le coeur de ce géant. Ce dernier en fut tout bouleversé et, peu après, se retrouva avec ses deux têtes.

Ses deux visages se ressemblaient beaucoup, un peu comme des frères jumeaux. En fait, si on ne connaissait pas bien ce géant, on ne se rendait pas compte de la vraie différence. L’une des têtes, probablement la plus ancienne, regardait par terre et autour de lui. Il y avait une forêt merveilleuse d’arbres fantastiques, tous plus attractifs l’un que l’autre. L’autre tête regardait au loin, à l’horizon. Là, les choses étaient un peu moins claires, un peu plus difficile, comme l’est souvent l’horizon. Cette tête là regardait aussi les nuages et les étoiles.

La plupart du temps, les deux têtes de notre géant s’entendaient à merveille. Finalement, elles appartenaient à la même personne et étaient complémentaires. Mais parfois, elles n’étaient pas d’accord et pouvaient de chamailler. C’était un peu comme si vous vous trouviez devant un miroir et enguirlandiez le reflet en face de vous. Vous avez un visage grimaçant devant vous et donc, deveniez plus grimaçant à votre tour…. et ainsi de suite.

En fait, le visage le plus ancien prenait habituellement le dessus. Parce qu’il était plus ancien et donc avait plus d’expérience que l’autre. De plus, il connaissait sa forêt depuis longtemps et lorsqu’il regardait avec les yeux de l’autre tête, il ne voyait qu’un mur. La seconde tête avait tendance à s’étioler, un peu comme une plante qu’on oublie d’arroser.

Le géant avait pris l’habitude de vivre avec deux têtes, autant surprenant que cela puisse sembler. Cette tête qui s’étiolait lui posait tout de même un problème. Il l’avait créée et devait l’assumer mais ne savait pas comment faire. Il était tiraillé. Si l’une mourrait, l’autre suivrait peut-être. Mais peut-être devrait-il relier ses deux têtes pour n’en faire qu’une seule, les laisser mourir pour renaître autrement, et ainsi savoir où et comment regarder et donc comment agir ?

Prendre le temps

Prendre le temps de travailler, c’est le prix du succès

Prendre le temps de penser, c’est la source de la force

Prendre le temps de jouer, c’est le secret de la jeunesse

Prendre le temps de lire, c’est la base du savoir

Prendre le temps d’être aimable, c’est l’accès au bonheur

Prendre le temps de rêver, c’est le chemin qui mène aux étoiles

Prendre le temps d’aimer, c’est la vraie joie de vivre

Prendre le temps d’être heureux, c’est la musique de l’Âme

Auteur inconnu

Bonne et Heureuse Année à tous !

Magie Antique

Une femme ne doit pas « nommer une autre personne malchanceuse devant son métier à tisser, à la teinturerie ou lors d’autres travaux de textiles ». Eligius de Noyon (prélat du 7ème siècle).

Quelle curieuse citation ! Mais de quoi parle donc Eligius ? On ne pourra probablement jamais le savoir avec certitude mais ce court texte permet de dire certaines choses intéressantes.

A cette époque, l’Europe est encore pétrie de paganisme. L’église a ses racines dans les villes mais au delà, dans les innombrables petits villages et hameaux, les choses sont beaucoup plus vagues. Eligius n’interdit pas les travaux de textiles effectués par les femmes mais le fait de nommer quelqu’un lors de ce travail. Il ne parle probablement pas d’une conversation habituelle entre un groupe de femmes travaillant ensemble. Leur demander de travailler dans le silence n’aurait pas de sens, sauf peut-être dans un monastère.

Pour qu’un prélat se fende d’une telle interdiction, il doit y avoir « anguille sous roche ». Il cherche probablement à interdire une pratique païenne qui avait cours à l’époque. Mais laquelle ?

Il est difficile de dire avec précision mais on sait que les incantations faisaient et font partie des pratiques magiques. « Nommer quelqu’un » est probablement une expression pour parler d’une incantation. Une formule dite et redite machinalement n’est cependant pas très efficace. Si un prélat va jusqu’à interdire publiquement quelque chose, c’est que cette chose était pratiquée et qu’elle avait un certain effet. Il n’aurait certainement pas interdit une ritournelle répétitive comme celles qu’on enseigne aux petits enfants, sans raison. Il s’agit donc d’autre chose.

Un travail de tissage est un travail un peu répétitif. La navette passe d’un côté, puis de l’autre. Ce genre d’action peut induire un état « second », proche d’un état d’hypnose. Pour avoir travaillé avec un rouet, je sais que ce genre de phénomène peut se produire aussi lorsqu’on file de la laine. Ces états seconds peuvent être naturels ou induits. Il y a là quelque chose qui modifie une simple parole, une incantation ou une ritournelle.

Passer de la toison d’un mouton ou d’un végétal comme le lin à un vêtement implique une transformation radicale. Je connais moins bien le lin mais une fois le mouton tondu, la laine est lavée et cardée, avant de la filer et de la tricoter. On peut aussi feutrer la laine. Certes, les méthodes étaient un peu différentes à l’époque. On ne tricotait probablement pas comme aujourd’hui. Mais une telle transformation pour arriver à un objet terminé n’est pas anodine. Elle me rappelle celle des alchimistes.

Donc, une incantation avec une action qui transforme (filer, tisser) dans un état second probablement proche de l’hypnose, il y a là de quoi pratiquer une magie que l’église désirait probablement éradiquer….

Les Lieux sacrés

On parle souvent de lieux sacrés. Presque toutes les religions en ont un certain nombre. Le druidisme ne fait pas exception. Cependant, nos lieux sacrés n’ont peut-être pas toujours les mêmes caractéristiques que ceux des autres. Qu’en est-il ?

Nous savons que les Druides antiques se retrouvaient dans la forêt. A ce titre là, la forêt est un lieu sacré pour nous. Elle est nourricière et protectrice. Les druides avaient un rapport particuliers avec certains arbres dont le chêne est le plus connu.

Au delà de ceci, l’archéologie nous parle de lieux sacrés dans des endroits particuliers. Pour prendre un exemple, le Mormont, où des fouilles récentes ont montré une quantité extraordinaire de puits à offrandes et les recherches sont encore en cours. Mais cette montagne est aussi une montagne séparatrice des bassins du Rhône et du Rhin. Personne ne pourra probablement jamais prouver que les druides connaissaient la particularité de cette montagne mais j’ai de la peine à croire que ces offrandes aient été faites dans un lieu choisi au hasard.

Puisque nous sommes au chapitre des lieux « naturels », les sources font aussi partie des lieux sacrés druidiques. On y a parfois trouvé des offrandes, par exemple des monnaies à Bienne.

Il y aussi certains lieux christianisés par l’église catholique au fil du temps. Parfois, des fouilles archéologiques comme à la cathédrale de Genève nous montrent que des célébrations religieuses ont eu lieu bien avant la venue du christianisme. Parfois, des légendes ou des histoires de saints racontent des faits bien plus anciens, sous un vernis de christianisme. Parmi elles, on trouve des légendes qui parlent de statues souvent mariales qui reviennent à leur point de découverte durant la nuit ou celles de St-Michel et de son dragon.

Il y aussi des endroits, dans et hors des églises, qui rayonnent d’une énergie particulière que l’on nome parfois la Vouivre. On la trouve aussi souvent dans les sites mégalithiques. Certaines méthodes modernes permettent de la mesurer, ce qui n’est pas inintéressant. Mais au delà de cela, la question du ressenti prend une grande place dans ce domaine. Certaines personnes parlent de sensations de picotements, de chaleur, d’être « vidés » de choses négatives, ou plus simplement d’être pris par quelque chose qui vous « enlève » les mots de la bouche.

Il y a en effet des lieux qui parlent à certaines personnes et moins à d’autres. Les raisons sont parfois difficiles à expliquer. Il y a une question de sensibilité, de temps et de moments et parfois aussi d’expérience.

Le druidisme a aussi des mythes et une symbolique. Par exemple celle du chaudron. On peut parfois se trouver dans des lieux qui portent le nom de « chaudron » ou qui en ont la forme. Il est difficile de prouver quoi que ce soit, mais les Anciens ont probablement utilisé ces lieux en relation avec leur symbolique. Ils ont vu un paysage souvent semblable à celui que nous voyons aujourd’hui et savaient tout autant bien que nous employer les particularités du paysage.

Certains lieux peuvent aussi devenir sacrés pour certaines personnes à certains moments de leur vie. Ce peut par exemple être un endroit où une personne ou un groupe ritualise régulièrement ou un arbre aux pieds duquel on médite fréquemment.

Il y a donc divers « sortes » de lieux sacrés. Et il faut souvent se déplacer pour se faire sa propre opinion du lieu en question.

Donc www.cff.ch ainsi qu’une bonne paire de souliers, une réserve d’eau et parfois un pique-nique suffisent souvent à partir explorer un lieu sacré, et à revenir enrichi par une nouvelle découverte….

Tamina

Il était une fois….. un Géant. Personne ne savait son nom, et personne ne savait d’où il venait. C’était il y a bien longtemps, bien avant l’arrivée des Hommes sur la Terre. Un beau jour, il décida de s’arrêter au bord d’une rivière et de la remonter. Il faisait, de cette façon, comme tous les poissons. Il faut dire que cette rivière était à l’époque très poissonneuse et que ce Géant les appréciait. Parfois cru, parfois cuits et, s’il avait le temps d’attendre (ce qui n’était pas très fréquent), il les faisait mariner dans une mélange d’herbes locales puis il fumait son poisson. Quel délice ! Il décida même un jour de sculpter son visage sur l’une des parois. Juste pour s’amuser et faire peur aux poissons…..

Un beau jour, alors qu’il arrivait à ce qu’il pensait être la source de la rivière, il mit l’un de ses pieds juste au dessus et, comble de malheur, une partie de la terre s’effondra. Il eu bien de la peine à retirer sa jambe mais vit au dessous que la rivière continuait. Curieux, il creusa des trous de ci-et de là pour pouvoir remonter la rivière… et continuer à profiter du poisson.

Quelques jours plus tard, il fut surprit de sentir un rocher un peu plus chaud que les autres. Cependant, la rivière continuait à remonter et les poissons à l’habiter. Et lorsqu’il mettait la tête dans le trou qu’il venait de faire à côté du rocher tiède, il voyait une sorte de sortie à ce tunnel un peu plus haut et la rivière semblait remonter encore un peu plus loin. Comme il était très curieux, il s’arrêta et décida d’explorer ce curieux rocher un peu tiède. Il enleva donc plusieurs énormes cailloux. Il ne s’attendait pas à ce qu’il trouva derrière un rocher vraiment chaud, presque brûlant : de la fumée. C’est pour le coup que le Géant s’interrogea. Plus besoin de faire du feu pour fumer son poisson ? Ou peut-être que les poissons vivant là dessous étaient déjà fumés vivants ? Puisqu’il avait faim, Il continua à creuser espérant un repas tout prêt ou en tous cas sérieusement précuit et finit par trouver un filet…. d’eau chaude. Dans ce coin de pays, c’était surprenant. Il faut dire que l’on était dans les Alpes, même si l’altitude n’était pas très élevée. Les montagnes autour le prouvaient. L’eau n’était tout de même pas assez chaude pour bouillir son poisson mais le Géant pris une série de douches chaudes et ravigotantes. Il faut dire qu’il y avait longtemps qu’il ne s’était pas lavé car l’eau de la rivière était glacée. Avant de s’en aller, il sculpta le doux visage de l’eau dans la pierre, en remerciement et comme signature de son passage.

Le temps passa, passa, passa. Un jour, les Hommes vinrent. Ils virent ce lieu curieux et remontèrent aussi la rivière, péchant de ci et de là le poisson épargné par le Géant, le faisant cuire souvent assaisonné d’herbes locales, et parfois même, lorsqu’ils avaient le temps, ils le fumaient avant de le manger. Ceux qui connaissaient la Terre et ses bienfaits osèrent aller jusqu’à la source chaude. Ils avaient tout de même un peu peur du Géant et des signes qu’il avait laissés. Ils durent s’enfiler dans d’étroits passages. Pour une surprise, la source chaude fut une surprise. Ils virent le visage gravé, celui de la Terre Mère. A leur tour, ils apprécièrent les bienfaits de ce lieu et en firent un lieu un peu secret, réservé à certaines cérémonies particulières. Remonter dans le ventre de la terre n’était pas réservé à tous. Mais ceux qui osèrent ne repartirent jamais déçus. Depuis lors, on continua à visiter la source d’eau chaude.

Le temps passa, passa, passa. On construit des bains proches de l’endroit ou le géant avait malencontreusement posé son pied. Le lieu était si difficile d’accès à pieds que l’on en arriva à descendre certains malades au bout d’une corde pour leur permettre d’atteindre l’eau chaude guérissante, les yeux bandés pour éviter le vertige.

Paracelse venta même les vertus de cette source et y séjourna un certain temps. Aujourd’hui, l’eau chaude est amenés jusqu’en plaine. Mais on peut toujours remonter une petite vallée très pittoresque, visiter les anciens bains et cheminer jusqu’à la source chaude. Pour cela, tout comme nos Ancêtres, il faut s’enfiler dans une gorge très serrée qui parfois se transforme en tunnel car la végétation a tout recouvert. Si on est un peu attentif, au delà du grondement de l’eau et du lieu imposant, on peut encore percevoir les effluves de la Terre Mère qui se manifestent et la rencontrer dans la douceur de son eau chaude, sacrée.

Et j’oubliais….. Je crois que j’ai trouvé le nom du Géant : Tamina. C’est aussi le nom de la rivière et de la vallée qui lui offre un asile protecteur alors qu’elle descend doucement en plaine, vers les habitations des Hommes.

Rencontrer un arbre

Beaucoup de choses ont été écrites sur les arbres. Depuis la botanique jusqu’à la magie antique, en passant pas tout ce que vous voudrez d’autre. Mais lorsque j’ai commencé à travailler avec les arbres, j’ai dû apprendre à les connaître. Au delà des caractéristiques de l’espèce, chaque arbre a, en quelque sorte, son caractère ou sa personnalité, plus ou moins visible. Comme chez les humains, vous n’en trouverez pas deux parfaitement semblables. L’un aura un tronc plus comme ceci, l’autre une branche comme cela ou des racines encore autrement. Au delà des spécificités visibles, les arbres ont aussi des qualités « invisibles », ou plutôt « discrètes ». Pour les trouver et donc pour rencontrer un arbre autrement, la première chose importante est de respecter l’arbre et de prendre le temps d’apprendre à le connaître.


Voici quelques questions pour guider votre expérience. Certaines vous parleront, d’autres pas. Et c’est très bien comme cela. Chacun est différent et chacun réagit autrement. Mais ce qui est important, c’est d’expérimenter.

 

DSC00014

 


Après avoir choisi un arbre, commencez par l’observer.

- Quelles caractéristiques a-t-il ?

- A quoi vous fait-il penser ?

- Quelle est sa forme (hauteur, largeur, branches basses ou non, penché d’un côté ou de l’autre, forme plutôt ronde ou élancée).

- Qu’en est-il de la couleur de son feuillage (vert clair ou plus foncé, couleurs d’automne, etc…)

- Si l’arbre que vous avez choisi a des feuilles, sont-elles rondes, lobées, dentelées ? S’il porte des aiguilles, sont-elles pointues, rondes, longues ? Qu’en est-il des fleurs ? Quelles significations ont ces caractéristiques ?

- Est-ce que son tronc est atteignable ou « protégé » par des branches basses, une autre végétation ?

- Qu’en est-il des branches et des racines ?

- Quelles sensations vous procure-t-il ?

- Touchez-le à divers endroits (grosses et petites branches, tronc, aiguilles ou feuilles s’il y en a, tige, fleurs, etc….). Est-ce que la sensation est partout semblable ?

- Secouez doucement une feuille, une petite branche et une plus grosse, ou une tige. Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui bouge ? Secouez le tronc. Adaptez votre force à l’arbre avec lequel vous travaillez. Le but n’est pas de casser quelque chose mais d’observer la réaction de l’arbre et votre propre réaction.

- Comment les choses changent-elles lorsque tout est humide, enneigé ?

- On parle d’arbres « nus » en hiver. Le sont-ils vraiment ?

- Observez les fleurs des arbres/plantes si elles sont présentes. Quel est leur message ? Quelle odeur ont-elles ?

- Qu’en est-il des fruits ? Un pive n’est pas semblable à un gland ni à un pomme. Qu’est-ce que l’arbre donne au travers de son fruit ?

- On parle toujours de recevoir de l’arbre. Qu’en est-il de donner ? Que peut-on offrir à un arbre ?

Si vous faites juste pour avoir fait, vous n’aurez probablement que peu de bénéfices de l’exercice. Par contre, la question du sens est importante. Par exemple, un arbre qui penche du côté droit, qu’est-ce que cela veut dire pour moi ? Ou l’odeur de cet arbre, que me rappelle-elle ? Ou encore, pourquoi ai-je choisi un résineux ?

Donner du sens est primordial. C’est ce qui fera que l’expérience sera enrichissante et peut-être même bien au delà.

 

 

DSC01112

Jodorowsky et l’Art Celte, mais qu’est-ce que c’est que ce « truc » ???? C’est probablement votre première réaction en lisant ce titre. Même si cela peut s’avérer surprenant une comparaison entre l’Art Celte et le tarot de Jodorowsky est possible, voire même intéressante….

Si on observe les cartes du tarot, elles sont très denses en objets. Il y a une quantité de petites choses à observer. Des objets pas toujours dans le « bon sens », des quantités de traits, lignes et points, des choses insolites comme une lune ou un cercle dans les cheveux du pendu. A ce titre, ces cartes me rappellent certaines oeuvres de l’Art Celte. Plus vous regardez, plus vous voyez de choses et de détails. Ceci plus particulièrement dans les entrelacs un peu complexes. Lorsque j’observe certains objets antiques, je me demande même comment nos Ancêtres ont pu aller si loin dans les détails et la complication. Ceci remet en question ma façon de travailler en tant que barde. Comment est-ce que j’intègre les détails dans mon travail ? On sait que l’Art Celte n’est pas un art gratuit. Il a un sens. Comment donc donner plus de sens à ce que créent mes mains ? Qu’en est-il du sens magique ?

Les cartes du tarot sont aussi très denses en couleurs. La coloration permet de cacher les détails car l’oeil est pris par les couleurs et ne voit plus ce qu’il y a autour. Pour refaire une comparaison, et pour autant que je le sache, il y a peu d’oeuvres peintes de façon criarde dans l’Art Celte, à l’image des cartes du tarot. Pour reparler des entrelacs, l’oeil n’est pas pris par la couleur mais par les formes, qui partent dans tous les sens. Le résultat est le même au niveau des détails qui « disparaissent », même si la méthode est différente. Pour l’un, on a la couleur, pour l’autre la forme. Et si on passe assez de temps à observer, l’oeil peut oublier ce qui a capté son attention et voir quelque chose de l’au-delà. La couleur n’est cependant pas absente chez les Celtes. Leurs habits étaient très colorés, tout comme ceux des personnages du tarot, même si c’est dans un style très différent. Si on regarde les armées romaines avec leurs armures de fer toutes semblables et les habits colorés des Celtes, je me demande quelle influence magique cet « arc-en-ciel » mouvant a dû parfois avoir sur les soldats romains….

Les cartes du tarot ont aussi une certaine « irréalité ». Je n’ai jamais vu d’animal aux pattes avant semblables à celles de la bête accompagnant la Force, ni d’homme bleu comme sur la carte du Jugement. Les entrelacs sont assez semblables. Les animaux et les figures représentées sont souvent « irréalistes ». On peut par exemple parfois voir des serpents à deux têtes. Ceci permet à nouveau d’ouvrir notre imagination, puis la porte sur l’Autre Monde.

L’aspect « générique » du tarot de Jodorowsky est très marqué. Les cartes sont à la fois descriptives et même parfois très précises mais aussi très vagues comparées à d’autres tarots. Elles n’induisent pas ou peu de réponse. Pour vous donner un exemple, j’ai vu une fois une représentation de l’Amoureux avec un couple enlacé. Le lien entre le titre de la carte et le dessin est évident. Cependant, la carte de l’Amoureux de Jodorowsky présente un homme lié par les bras à 2 femmes. En plus de l’amour comme représenté sur la carte du premier tarot mentionné, je peux sans autre penser « choix » ou « double lien », ce que permet plus difficilement un couple enlacé….

    Les oghams, qui sont un autre outil divinatoire, ne reposent pas sur les mêmes principes. Il n’y a pas de couleur et peu de forme, si ce n’est le dessin de la lettre. Le devin doit s’appuyer sur autre chose pour faire son travail.

    Les cartes du tarot racontent une histoire. L’histoire du Mat qui part faire un voyage initiatique sans fin mais toujours différent. A chaque « roue » ou à chaque tirage, l’interprétation est différente. Les choses et les gens ont changé. C’est la raison pour laquelle les livres sont importants pour comprendre la structure du tarot et avoir une idée de l’interprétation traditionnelle mais que ensuite, ils peuvent devenir un blocage ne permettant plus de voir l’au delà. Ce n’est pas celui qui consulte qui doit s’adapter à la carte et à son interprétation mais l’interprète qui s’adapte à son « client ». Lorsque nous observons une carte et que le regard glisse dans l’Autre Monde, l’expérience est aussi initiatique. Et si vous savez interpréter ce que vous voyez sans projection et sans désir personnel, ce qui est parfois très difficile, j’en conviens, vous aurez peu de chance de vous tromper face à votre client.

    Même si le tarot en lui-même n’est pas un outil celte, il n’en reste pas moins un outil abordable. Personne ne connaît vraiment son origine, même si elle est probablement moyenâgeuse. Cependant, le tarot permet d’avoir un regard dans l’Autre Monde, avec des outils ressemblant à ceux de nos ancêtres. A ce titre, je pense qu’il est valide pour un ovate d’aujourd’hui d’employer ce moyen divinatoire.

    Roue, Rouet

    Il y a la roue de l’univers, domaine des Dieux

    Il y a la roue du temps, domaine de Taranis

    Il y a la roue de la terre, domaine des hommes

    Il y a la roue des saisons, domaine de la Terre Mère

    Il y a la roue du ruisseau, domaine de l’eau

    Il y a la roue du rouet, domaine de la fileuse

    Il y a la grande roue qui tourne lentement

    Il y a la petite roue qui tourne autrement

    Et il y a la roue, coeur de celle qui file

    De 3 roues, n’en faire qu’une, les faire tourner ensemble, en harmonie. Rentrer dans la roue et son mouvement, la laisser nous emporter. Laisser le roue du pied tourner, la roue des mains filer et la roue du coeur s’emballer. Laisser les sens rouler dans ce mouvement circulaire, encore et encore. Se laisser emporter par la roue et atteindre L’Autre Monde.

    Il y a la roue des Ancêtres qui tourne à Samhain

    Il y a la roue de l’Ours, qui tourne à Alban Arthan

    Il y a la roue de Bride qui tourne à Imbolc

    Il y la roue de l’équilibre qui tourne à Alban Eilir

    Il y a la roue du Soleil qui tourne à Beltaine

    Il y a la roue de la lumière qui tourne à Alban Elfin

    Il y a la roue de Lug, qui tourne à Lugnassad

    Il y a la roue de la nuit, qui tourne à Alban Elfed

    Et il y a à nouveau la roue des Ancêtres…..

    Il y a la roue du cercle de lumière, d’eau et de feu

    Il y a la roue à l’intérieur du cercle qui nous fait danser

    Et la roue de l’axe, lien entre terre et ciel

    Il y la roue de la parole, murmurée, dite et chantée

    La roue qui arrête le temps et le remet en marche

    Et il y a la roue magicienne, qui change les choses.

    Il y a la roue du rouet, qui arrête le filage du temps

    Il y a la roue du rouet qui remet le temps en marche

    Et il y a la roue du rouet magicien, qui change les choses

    Le rouet magicien qui file le temps, qui file la vie, qui tort la vie plus ou moins régulièrement. Le rouet magicien qui donne vie à la toison du mouton, qui lui permettra d’être tissée et nouée, de réchauffer l’être humain, et de lui permettre d’entrer à son tour dans la magie de la roue, du tissage et du lien.

    Le Chant des Ancêtres

    Lorsque j’ai entendu pour la première fois un chant harmonique, j’ai vraiment cru à une hallucination. Chanter plusieurs notes à la fois, c’était impossible. En plein air et dans un château moyenâgeux, l’atmosphère était indicible. Je me serais volontiers assise dans un petit coin pour écouter Igor et respirer l’air ambiant épais de paix et de douceur. Le temps filant, je suis repartie sans mots et sans voix. J’ai eu récemment le privilège de faire un séminaire de deux jours avec Igor Olivier Ezendam et de l’entendre en concert. Je ne sais toujours pas quoi dire de ces expériences si ce n’est une chose : j’ai entendu le chant des ancêtres. Pas celui des générations précédentes mais le chant des ancêtres des ancêtres des ancêtres. Le chant venu du fond des âges. Et peut-être aussi le chant des ancêtres druides qui peuplaient nos vallées et nos montagnes.

    http://www.feelingsound.com/.

    http://www.youtube.com/watch?v=fXJNGX_caP8&NR=1

    http://www.youtube.com/watch?v=WteaI2ckFDI&feature=related

    Son dernier CD « Red Moon » est une pure merveille…

    Messages Plus Anciens »